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Yvette Jonckers ou quand tout va pour le mieux : départ, croissance et nouvelle vie

Yvette Jonckers. La plupart d’entre vous connaissent bien ce nom. Pendant 25 ans, elle a contribué à la croissance de la marque allemande Dacapo. Elle a également dirigé l’entreprise à succès OhSiBo à Hasselt pendant 10 ans, dont elle prendra bientôt congé. Aphrodite a puisé dans ses connaissances et son expérience pour vous inspirer. Quel est donc ce secret qui l’a poussée à changer de carrière à 55 ans, il y a une décennie, pour marquer un succès retentissant ? Quels conseils donne-t-elle à nos lecteurs ? Et qu’adviendra-t-il à présent d’OhSiBo et de Dacapo ? Nous sommes allés à la rencontre d’Yvette pour revenir sur sa carrière d’hier et d’aujourd’hui.


Yvette Jonckers
Yvette Jonckers ou quand tout va pour le mieux : départ, croissance et nouvelle vie

Yvette Jonckers. La plupart d’entre vous connaissent bien ce nom. Pendant 25 ans, elle a contribué à la croissance de la marque allemande Dacapo. Elle a également dirigé l’entreprise à succès OhSiBo à Hasselt pendant 10 ans, dont elle prendra bientôt congé. Aphrodite a puisé dans ses connaissances et son expérience pour vous inspirer. Quel est donc ce secret qui l’a poussée à changer de carrière à 55 ans, il y a une décennie, pour marquer un succès retentissant ? Quels conseils donne-t-elle à nos lecteurs ? Et qu’adviendra-t-il à présent d’OhSiBo et de Dacapo ? Nous sommes allés à la rencontre d’Yvette pour revenir sur sa carrière d’hier et d’aujourd’hui.


Quel est votre meilleur souvenir de la boutique OhSiBo ?

« Quand je pense à OhSiBo, je me remémore tous les bons moments qui m’ont permis d’aider des gens et de les voir épanouis dans une lingerie qui les met en valeur, de les entendre exprimer leur bonheur et leur bien-être. Mais aussi les moments où j’ai eu la chance d’accueillir de magnifiques personnes dans ma boutique. 

D’autre part, il est incroyable de voir qu’en dix ans, la boutique compte environ 15 000 clients et que ce concept lancé quand j’avais 55 ans porte ses fruits ! Pendant cette période, j’ai formé plusieurs personnes au monde de la lingerie dans ma boutique (notamment O’sesoir à Heusden, Naturelle à Landen, Infinity à Oudenburg, Intimo à Mol, Brabar à Lovendegem et Ultime à Sint-Kruis-Brugge). Chacune d’entre elles possède aujourd’hui un commerce stable et bien géré. »

Quel a été le moment le plus difficile pour la boutique ?

« Pour moi, la période la plus compliquée a été le démarrage, en 2011. Mes fournisseurs, mes connaissances et mon entourage ne croyaient pas encore en ce concept ni en moi. Certains fournisseurs refusaient de me livrer, car il me trouvait trop vieille. »

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre concept ?

« Ma boutique se base sur un concept axé autour de différents piliers. Tout d’abord, se distinguer de la concurrence et ne pas vendre les marques que tout le monde connaît. Ma boutique proposait aussi des enseignes moins connues (à l’époque). Depuis, Dacapo s’est forgé une solide réputation en Belgique. Par ailleurs, j’ai volontairement choisi de limiter le nombre de marques, car je voulais créer un lien solide avec mes fournisseurs au lieu de vendre un peu de tout. La situation excentrée de ma boutique risquait de jouer en ma défaveur, ce qui finalement ne fut pas le cas. Le parking était suffisamment vaste pour accueillir de nombreux clients. Autre atout essentiel : connaître son métier. Maîtriser le sujet sur le bout des doigts et faire en sorte que la clientèle le ressente. En effet, il faut être en mesure de répondre aux attentes de ses clients. Selon moi, il est important de garder en permanence à l’esprit les questions suivantes : comment servir au mieux mes clients ? Qu’ai-je envie de vendre ? Quels sont les articles que je souhaite vendre pour mon fournisseur ? En adoptant cette approche, on fidélise la clientèle à soi et à sa boutique. Elle est heureuse de revenir nous voir. Tous les points de ce concept sont interconnectés et doivent être réalisés parallèlement, tous les jours, du matin au soir. Le travail n’est jamais terminé… S’il manque une pièce du puzzle, tout s’écroule. »

En ces dix années de carrière dans votre boutique, pour quoi vous sentez-vous la plus reconnaissante ?

« En affaires, je sais me montrer incroyablement têtue. Quand j’ai une conviction, j’y crois et je ne lâche rien. Je suis reconnaissante d’avoir eu la force de persévérer. Je suis également reconnaissante que mon concept ait fonctionné. Je suis reconnaissante d’avoir pu, grâce à OhSiBo, convaincre beaucoup d’autres détaillants de l’importance de Dacapo et de l’avoir tant développé en Belgique. Nous observons une croissance continue dans différents domaines : pour nous-même, pour Dacapo et pour les autres commerçants. »

Quelle expérience vous a le plus appris pendant la période passée chez OhSiBo ?

« Le fait que le concept que j’avais imaginé fonctionne. Qu’il est impossible de se laisser influencer facilement quand on a réellement réfléchi à son objectif. Accrochez-vous à votre projet. Telle est la leçon que j’ai apprise, mais aussi mon expérience. » 

Qu’adviendra-t-il du magasin à présent ?  

« Peut-être sera-t-il repris, j’ai déjà communiqué à ce sujet. Mais je ne cèderai pas ma boutique à n’importe qui, je dois avoir un bon feeling avec la personne. C’est une entreprise très bien gérée et rentable, mais il faut trouver la personne idéale, prête à se lancer dans l’aventure. La boutique et le concept sont très bien réfléchis, ce qui les rend assez complexes. Par exemple, nous disposons de systèmes modulaires extrêmement pratiques, qu’il est possible de diviser selon les besoins du moment. Ma meilleure employée, Jenny, aimerait y rester encore quelques années. Elle connaît parfaitement la boutique et la clientèle, et serait d’une grande utilité au futur gérant.

J’aimerais céder mon magasin à quelqu’un qui partage les valeurs qu’il représente. Je ne veux pas le remettre à tout prix. Si je ne parviens pas à le transmettre à quelqu’un de compétent, je clôturerai cette aventure au bon moment. Quoi qu’il advienne, j’ai envie de terminer sur une note positive. » 

Quels sont vos projets pour l’avenir ? 

« Je n’ai pas de projets précis. J’ai l’intention de poursuivre mes activités comme agent pour Dacapo et, qui sait, peut-être que mon fils prendra le relais dans quelques années… Bientôt, je serai grand-mère ! Mais je continuerai malgré tout mes nombreuses activités (rires). »

Dites-nous quelques mots sur la collection Dacapo pour la saison automne-hiver 2022 ?

« Dacapo poursuivra sur sa lancée, en s’appuyant sur son offre. Tous les articles sont fabriqués en Europe. Les pièces phares de notre offre sont les célèbres bonnets lisses, les jolis imprimés et les détails en dentelle. 

Sans aucun doute, les principaux atouts de la marque sont l’ajustement impeccable du soutien-gorge préformé, qui remonte la poitrine avec beaucoup de naturel. De plus, Dacapo est réputée pour son vaste éventail de tailles, notamment les soutiens-gorge préformés à larges tours de poitrine et petits bonnets. Ce genre d’articles est de plus en plus demandé par les consommateurs actuellement : un 95 ou 100A ou B européen (voir notre dossier dans l’édition 43 du magazine Aphrodite automne-hiver 2021, pages 26 à 28 NDLR). Nous sommes pratiquement la seule marque à proposer ces articles. Bien entendu Dacapo propose aussi des tailles plus classiques, comme le 75, 80 ou 85 C, D , E et F. Comme notre offre comprend aussi ces tailles « spécifiques » dont je viens de parler, nous pouvons satisfaire une clientèle très diversifiée.

On me demande parfois s’il est nécessaire de porter un soutien-gorge préformé avec un si grand tour de poitrine. J’explique que oui, selon le concept de Dacapo, cela s’avère nécessaire. En effet, un soutien-gorge préformé peut radicalement changer la silhouette d’une personne avec un large tour de poitrine et un petit bonnet. La poitrine est légèrement plus volumineuse, mais le sein paraîtra plus étroit, ce qui changera complètement sa silhouette. Les proportions seront plus harmonieuses, le profil plus joli. Il est essentiel de le savoir quand on travaille chez Dacapo et de permettre à la clientèle de faire son expérience. C’est ainsi qu’on la fidélise. »

Avez-vous vu Dacapo évoluer ou changer au fil des ans ?

« J’ai vu la marque évoluer, en partie parce qu’elle a su tenir compte des remarques. J’ai reçu les retours de plusieurs détaillants, car j’observe et je m’inspire beaucoup de ce que je vois en magasin, ce qui a été très profitable à la marque, tout en l’aidant à progresser. Aujourd’hui, c’est une jeune équipe qui gère l’entreprise, elle est ouverte à tout et est très à l’écoute. L’interaction est particulièrement agréable. » 

Avez-vous d’autres leçons de vie essentielles à transmettre à nos lecteurs ?

« Quand je fais le bilan de ma carrière, deux choses me semblent importantes à partager. Tout d’abord, je me félicite d’avoir opté pour OhSiBo, c’était une excellente décision ! Alors, j’ai envie de dire : réfléchissez et suivez votre cœur…

J’ai travaillé comme agent pour un certain nombre de marques. Outre Dacapo, j’ai distribué des marques telles qu’Egatex et Senoretta (que j’ai transmises à Dominique de chez CDMC après le lancement d’OhSiBo, une formidable collègue !). Pourtant, il y a eu des expériences négatives, ou, disons plutôt, douloureuses. Ceux qui me connaissent savent que j’accorde plus d’importance au facteur humain qu’à la rentabilité. J’ai toujours agi selon ce principe, même dans mes relations avec les fournisseurs et parfois, j’en ai payé le prix. Alors si j’ai une leçon à donner, ce serait celle-ci : restez toujours humains. En fin de compte, c’est vous qui devez vivre tous les jours avec votre conscience… 

J’ai un autre conseil à transmettre : en tant que commerçant, il faut donner aux clients une raison de revenir. Pourquoi le client veut-il telle ou telle chose ? Donnez-lui l’article demandé, mais expliquez-lui aussi qu’un autre article pourrait mieux correspondre à ce qu’il cherche, même s’il reste sur son idée de départ. Ainsi, votre client se sentira impliqué et écouté. Vous devez pouvoir justifier vos choix et présenter une image globale. Entre autres, il est important de posséder le bon mélange de connaissance, de convivialité et d’humanité, en toute circonstance. S’il manque un élément, tout s’écroule. Et les clients le remarquent. »

Yvette, nous vous souhaitons une retraite (partielle) bien méritée et bienvenue à votre futur petit-enfant !

 
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